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Samedi 17 octobre 2009
" Lors des deux dernières campagnes de prélèvements du 30/06/09 et du 28/07/09, il a été mis en évidence par les autorités que le supermarché Hyper U a mis à la vente des laitues présentant un fongicide en concentration 430 fois puis 3 100 fois supérieurs aux limites maximales autorisées sur le territoire, et ce malgré un avertissement. L'association de défense des consommateurs poursuit : “Carrefour Punaauia a aussi mis en vente des laitues ‘chêne rouge’ présentant des résidus de fongicide en concentration 220 fois supérieures aux limites maximales autorisées (campagne du 1er septembre)”. Te Tia Ara recommande donc, en attendant les résultats des prochains prélèvements, “d'acheter des laitues locales sur d'autres points de vente ou des laitues importées ”.
C'est par ce communiqué d'aujourd'hui 15 octobre que l'association de consommateurs polynésiens TE TIA ARA tire à nouveau le signal d'alarme. Comment peut-on imaginer qu'un producteur de fruits et légumes se trompe dans son dosage à ce point ? Oui vous avez bien lu, la concentration en fongicide a été jusqu'à 3100 fois supérieure à la limite maximale autorisée (elle-même déjà élevée).
Ce malheureux "fait divers" nous amène à compléter le sujet pour plus de compréhension.
Qu'est-ce qu’un pesticide ?
Le MDRGF (Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures) nous donne la définition suivante :
Les pesticides, parfois appelés produits phytosanitaires, sont utilisés en agriculture pour se débarrasser d’insectes (insecticides), de champignons (fongicides) et/ou d’herbes concurrentes dites "mauvaises herbes" (herbicides).
Un pesticide est composé d’un principe actif d’origine naturelle ou synthétique. Les pesticides commercialisés sont composés d’une ou plusieurs matières actives auxquelles ont a ajouté d’autres substances afin d’améliorer leur efficacité et de faciliter leur emploi. On emploie ces produits essentiellement dans l'agriculture intensive où la recherche du rendement maximum se fait au détriment de la qualité et de la santé.
Pourquoi est ce dangereux ?
D’après l’Institut français de l’environnement, on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux de surface. Outre la pollution de l’eau, les produits phytosanitaires sont montrés du doigt en raison des risques sanitaires qu’ils représentent, en particulier pour les agriculteurs.
Des dizaines d’études dans le monde témoignent d’une élévation des risques de tumeurs au cerveau, de cancers de la prostate, du sein, de la peau, de maladie de Parkinson, voire d’infertilité...
Des pesticides très (trop ?) présents à Tahiti :
Leur présence dans certains sédiments du lagon atteste d’une pollution nette (Pointe des Pêcheurs à Punaauia par exemple). Les teneurs sont comparables à celles mesurées dans des sites métropolitains ou étrangers considérés comme pollués. La pollution du port de Papeete par les pesticides est également en augmentation.
Les concentrations en lindane, chlordane, et dieldrine, pesticides extrêmement toxiques, dans certaines stations d'épuration y sont maximales et considérées comme nettement polluantes. Ajoutons à cela que toute cette pollution se retrouvera bientôt dans les nappes phréatiques, donc dans nos verres d’ici à quelques années…
(source : travaux du LESE, dont FRAIZIER, 1985, LESE, 1993 et travaux du RTO, TATARATA, 1997)
Alors on fait quoi ?
Les conseils de l’association TE TIA ARA invitant les consommateurs à la prudence sont pleins de bon sens. Ils portent sur les salades locales, mais qu'en est-il des autres légumes locaux (choux blanc, concombre, tomate, courgette...) ? Par ailleurs, est-il raisonnable de consommer des fruits et légumes américains ou même métropolitains, sachant que les agriculteurs de ces deux pays ont eux aussi la main lourde sur les pesticides ?

Il reste une alternative : avoir votre potager et consommer vos propres légumes (que vous n'aurez pas traités, cela va de soi) ou opter pour des produits bio, garantis sans pesticides et autres traitements.

Enfin, si les consommateurs réclament des produits sains, les producteurs, au bout d’un moment, devront bien s’y mettre… Quand il n’y aura plus un consommateur pour acheter un légume contaminé, il ne s’en vendra plus !
La piste des élus ?
Nos élus, nous le voyons tous les jours, ont le pouvoir de faire changer les choses. Si nos gouvernants, ou même juste un maire, décident demain d’interdire purement et simplement l’utilisation de produits polluants dans les lieux publics, ils en ont le droit ! Faire changer les comportements par l’exemple est la pédagogie la plus facile ! Pas de grands discours ni de grandes réunions…
Si vous souhaitez les interpeller, vous pouvez vous inspirer du texte suivant inspiré de celui proposé par le MDRGF:
Madame le Maire, Monsieur le Maire, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre,
Comme 80%* des français, je suis favorable à l’interdiction des pulvérisations de pesticides dans les lieux publics tels que les parcs et jardins, la voirie, les écoles etc... et par ce courrier je veux vous faire part de mon inquiétude vis-à-vis des impacts de ces pesticides sur la santé publique et notamment celle de nos enfants.
De plus en plus d’informations scientifiques associent en effet les pesticides, utilisés dans les lieux de vie de nos enfants, à des cancers qui pourront se déclarer plus tard dans leur vie. Cette exposition à des pesticides dangereux contribuerait en partie à l’augmentation des cancers de l’enfant de plus d’1% par an depuis 30 ans. Elle doit donc cesser.
La nouvelle Directive-cadre sur l’utilisation des pesticides, récemment adoptée par l’Union Européenne, reconnaît que l’utilisation des pesticides dans les lieux publics représente un risque élevé pour la santé publique. A ce titre, elle prévoit que les Etats Membres doivent «veiller à ce que l’utilisation des pesticides soit restreinte ou interdite» dans et autour de ces lieux publics. Même si, pour le moment la Polynésie n’a aucune obligation en la matière, rien n’empêche l’anticipation.
Nous vous demandons donc de vous engager aujourd’hui, Madame le Maire, Monsieur le Maire, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, à interdire l’usage des pesticides dans les lieux publics de notre commune / pays, comme l’ont déjà fait d’autres villes **. Il est en effet possible de mettre en place très rapidement des alternatives non chimiques pour l’entretien des espaces et lieux publics, ainsi que des écoles de notre commune / pays.
Nous comptons vraiment sur vous, Madame, Monsieur le Maire, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, pour changer ces pratiques dans notre commune / pays, dans l’intérêt de nos enfants.
Nous restons à votre disposition pour y travailler à vos côtés et attendons avec espoir votre position sur ce dossier de santé publique important.
Très respectueusement,
NOM, PRÉNOM , ADRESSE SIGNATURE
* Sondage IFOP/MDRGF d’Octobre 2008
** Détails des villes téléchargeable sur www.pesticidescancer.eu/spip.php?article43
Pour en savoir plus sur les impacts sanitaires des pesticides : www.pesticidescancer.eu
Par Boris61 - Publié dans : Actualités Polynésie - Communauté : Fénua
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