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Comment la justice américaine enquête sur Facebook et Twitter

Publié le par Boris61

Un document officiel du ministère américain de la Justice explique comment fonctionnent Facebook, MySpace, Twitter et LinkedIn et comment les utiliser pour obtenir des informations.
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Souvenez-vous, début 2009, la revue Le Tigre publiait le portrait détaillé d'un certain Marc L., ses amours, ses vacances, sa vie professionnelle, le tout entièrement reconstitué à partir des informations données par l'intéressé sur YouTube, Facebook, Flickr et consorts. Une véritable enquête, en somme. Et le terme n'est pas usurpé : le ministère de la Justice américain a diffusé, à l'intention de ses services, un véritable pas-à-pas pour bien utiliser les réseaux sociaux dans le cadre d'enquêtes.

C'est l'association Electronic Frontier Foundation qui divulgue le document, en fait une présentation Powerpoint réalisée par deux juristes spécialisés dans le cybercrime. Quatre réseaux sociaux sont étudiés, Facebook, MySpace, le site de micro-blogging Twitter et le réseau à vocation plus professionnelle LinkedIn. Après avoir détaillé le fonctionnement technique des uns et des autres, captures d'écran à l'appui (comment s'inscrire, les fonctions, la conservation des données), le document explique ce que des enquêteurs peuvent en faire.

Facebook permet par exemple de récupérer des « informations standards », comme des photos, des contacts de membres ou de groupe de membres, des logs de connexion IP. De plus, le réseau de Mark Zuckerberg est réputé « souvent coopératif dans le cadre de demandes [d'informations] en urgence ». MySpace, en revanche, exige qu'on lui présente un mandat quand on lui demande de fournir des données datant de moins de 181 jours. Les enquêteurs apprennent aussi que les informations postées par les membres du réseau sont stockées indéfiniment, mais les logs de connexion IP ou les données relatives à des comptes supprimés sont gardés un an.

Infiltrer chat et forum

Les services de gendarmerie spécialisés en cybercrime à Rosny-sous-Bois
Les services de gendarmerie spécialisés en cybercrime à Rosny-sous-Bois
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Le ministère de la Justice américain semble un peu déçu par Twitter : aucun contact téléphonique n'est disponible, seul le dernier log de connexion est conservé et une procédure légale est obligatoire si on veut que le site fournisse des données. Quant à LinkedIn, son usage par des criminels est assez limité.

Au final, le document souligne l'intérêt qu'il y a à « infiltrer » les réseaux, afin de consulter des informations qui ne sont pas publiques par exemple et d'établir qui est en lien avec qui. Ces plates-formes sont également considérées comme un « puits sans fond potentiel de témoins » mais peuvent s'avérer délicates à gérer quand ces mêmes témoins s'épanchent un peu trop en ligne à propos d'une enquête. Le ministère conseille donc à ses services d'avertir jurés et témoins d'un procès de ne rien raconter sur les réseaux sociaux.

Et en France ? Facebook et les autres sont également scrutés par la police et la gendarmerie, comme le détaillait dans une interview le chef d'escadron de gendarmerie Alain Permingeat. Depuis une loi de mars 2007, des enquêteurs peuvent aussi créer de faux comptes et endosser de fausses identités sur des chats ou des forums pour repérer des pédophiles.

Mais sur YouTube, le délit qui déclenche le plus d'actions judiciaires, ce n'est ni la pédophilie, ni les violations du droit d'auteur mais... les excès de vitesse dûment filmés par des internautes fiers de rouler à 130 km/h sur une route de campagne limitée à 70 km/h.

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