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Un protocole d'accord met fin à la grève générale

Publié le par Boris61

le 19 août 2009 à 02:16  | source: Tahitipresse  |

Il aura fallu deux jours et 16 heures de négociations entre l'intersyndicale et le gouvernement pour qu'un protocole d'accord soit signé mardi aux alentours de 23h00, mettant ainsi fin à la grève générale. Crédit photo : Christian DUROCHER - TahitipresseIl aura fallu deux jours et 16 heures de négociations entre l'intersyndicale et le gouvernement pour qu'un protocole d'accord soit signé mardi vers 23h00, mettant ainsi fin à la grève générale. "Il y a une réelle volonté de voir ensemble, dans les semaines ou mois à venir, comment essayer de répondre à toutes ces revendications", a commenté le président Temaru, présent à la signature de ce protocole relatif aux orientations de la politique économique et sociale.

 

Syndicats et gouvernement sont tombés d'accord sur les quatorze points de revendication, même si les organisations syndicales n'ont pas totalement obtenu ce qu'elles voulaient, notamment en ce qui concerne la baisse des prix de l'électricité et des hydrocarbures. "Aujourd'hui, le gouvernement dit que les tarifs ne seront pas baissés, mais il s'engage à ce que le prix actuel ne soit pas augmenté jusqu'à la fin de l'année", se réjouit Jean Marie Yan Tu de A Ti'a i Mua. En revanche, pour Ronald Teroorotua de O Oe To Oe Rima, "ça ne règle pas le problème de fond". D'autres rencontres et négociations auront lieu dans les semaines et mois à venir afin d'étudier quel accord mettre en place pour que ces tarifs des hydrocarbures et de l'électricité n'augmentent plus dans l'avenir.

 

Les Grands Travaux ont la parole

 

"L'électricité, l'essence, le gasoil, la cherté de la vie... finalement, le mouvement de grève "générale" se contente de ce qu'il y a à gratter, faute de pouvoir justifier objectivement les revendications, et faute de convaincre la population", peu-ton lire sur le site du ministère des Grands Travaux qui préconise "la maîtrise de l'énergie" pour "éviter la revendication systématique de faire baisser les prix de l'électricité, de l'essence ou du gasoil, c'est la maîtrise de l'énergie".

 

Calendrier et tables rondes

 

Concernant les autres points au centre des négociations, un calendrier de travail sera mis en place à partir de cette semaine. Des tables rondes se tiendront entre autres, sur la protection sociale généralisée (PSG) avec le ministre de la Solidarité Armelle Merceron.

 

Sur le chapitre intéressant plus particulièrement l'association Moruroa e Tatou, le gouvernement va oeuvrer avec l'Intersyndicale et prendre contact avec Paris pour étudier le cas des Polynésiens ayant travaillé pour le Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP) ou ayant habité sur les atolls voisins, afin qu'ils puissent bénéficier de la loi Morin, mais de façon aménagée.

 

"On va essayer d'obtenir une extension de la liste concernant les maladies radio induites sur la santé et faire tomber la close concernant les délais pour permettre à tous ceux qui ont été concernés par les essais nucléaires de pouvoir être indemnisés", a indiqué le vice-prédisent Antony Géros qui a rédigé le protocole d'accord avec le ministres des Finances, Georges Puchon et son homologue au Travail, Pierre Frébault.

 

A 21h00, mardi soir, le président Oscar Temaru a rejoint le vice-président afin de prendre connaissance du document soumis quelques instants plus tard aux représentants syndicaux. Après plusieurs réajustements, le document a enfin été signé aux alentours de 23h (voir l'intégralité du protocole d'accord ci-joint en document PDF).

 

Avantages et conséquences

 

À l'issue de la signature de ce protocole, le président Oscar Temaru s'est adressé longuement en reo maohi aux délégués syndicaux. "Nous avons vécu, jusqu'en 1963, ce que l'on peut appeler l'économie de marché. Le Pays vivait de la vanille, de la pêche, du coprah... c'était la vie traditionnelle. L'arrivée du Centre d'Expérimentation chez nous à partir de 1960, a tout bouleversé. Il a mis en place cette économie factice que nous connaissons, avec ses avantages, mais aussi ses conséquences. Cela laisse beaucoup de monde sur le trottoir. Il faut par conséquent que chacun assume ses responsabilités ".

 

Le reproche

 

Si l'on reproche souvent au gouvernement Temaru de ne pas prendre de décisions, de mesures énergiques visant à remettre en route l'économie du territoire, pour le vice-président Antony Géros "la rigueur institutionnelle et le formalisme de l'administration" en sont responsables. "Il y a des délais qui sont incontournables. L'Intersyndicale nous a d'ailleurs demandé de revoir la commande publique, essayer de trouver à mettre en place des procédures d'urgence en matière de marchés publics. On est d'accord pour faire évoluer la réglementation dans ce sens", a-t-il expliqué.

 

Sans conviction

 

Le leader du syndicat O Oe To Oe Rima, Ronald Teroorotua est sorti des négociations "sans conviction". "L'histoire se répète. En juillet 2008, le gouvernement Tong Sang a augmenté les hydrocarbures. Ce qui a eu pour conséquences, une inflation de 3,4%, donc une augmentation du SMIG, donc des licenciements économiques dans les entreprises. L'électricité ayant augmenté, les hôtels et les magasins ont été en difficulté. On ne peut pas construire l'économie en mettant des taxes. Ce dont j'ai peur dans cet accord, c'est qu'il soit inflationniste", a regretté le syndicaliste.

 

Trop vague et trop politique

 

Si l'Intersyndicale a trouvé une issue, le CHT (Centre Hospitalier de Mamao) est toujours en proie à la grève. Mais elle n'est pas suivie. Mardi à 17h, le taux de participation à la grève lancée par les syndicats autonomes du Centre hospitalier de la Polynésie française (SPCHPF affilié à la CSTP/FO, Te Rima no te Ea affilié à A Ti'a i Mua, SAPH affilié à CSIP, et Otahiti/CHPF) n' était que de 0,8 %.

 

"La quasi-absence de grévistes vient du fait que les revendications étaient trop vagues et que les syndicats font plus de politique que de syndicalisme", a commenté un agent non gréviste qui ajoute : "Par ailleurs, en raison de l'épidémie de grippe, le personnel hospitalier se sent plus utile à l'intérieur de l'hôpital, plutôt qu'à l'extérieur !"

Protocole d'accord relatif aux orientations de la politique économique et sociale.

CD

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