Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tahri : "J'avais la rage"

Publié le par Boris61

Troisième du 3000m steeple des Mondiaux, Bob Tahri a offert à la délégation française sa première médaille, mardi à Berlin. Mais le Messin détenteur du record d'Europe, qui a amélioré son chrono à l'issue de cette course dominée par les Kényans, se projette déjà plus loin.

BOB TAHRI, comment s'est déroulée cette course ?

B.T. : "Avec mon entraîneur, je savais que les Kényans allaient mettre un tempo d'enfer, je m'étais dit que je devais partir devant pour ne pas prendre de risques et pour jouer crânement ma chance. Je savais que j'avais la capacité de les suivre, mais le plus important, c'était de rester concentré sur les obstacles et relâché le plus longtemps possible. Le dernier tour, je le fais à "la rage". La dernière barrière, je la passe comme elle vient, je la passe "mauvaise jambe", je me bats jusqu'au bout. Kemboi est parti quand je souffrais le plus, j'ai serré les dents et je suis allé chercher cette médaille après la dernière barrière. Je savais qu'il m'en restait encore sous le pied pour la dernière ligne droite. Je peux vous dire que c'était plus que de l'énergie à la fin, il y avait plein de choses, j'avais la rage, je ne voulais pas finir 4e".

Ressentiez-vous une pression supplémentaire après vos échecs répétés dans les grands rendez-vous ?

B.T. : "Je n'ai pas pensé à tout cela. Il ne faut pas raisonner avec le passé. Je suis arrivé sur la ligne d'arrivée, je savais ce que je voulais faire, j'avais le 3e temps mondial, j'ai joué, j'ai pris mes responsabilités, je n'ai rien lâché. Les autres fois, j'ai peut-être douté de moi, je n'ai pas pris conscience de certaines choses. Aujourd'hui, je n'avais rien à perdre que je finisse 4e ou 15e. Je me suis dit: "Prends du plaisir et joue avec eux". C'est que j'ai fait pendant les deux tiers de la course. Plus les mètres passaient, plus j'avais confiance".

Y-a-t-il eu un déclic à un moment précis cette saison ?

B.T. : "Oui, les Championnats d'Europe en salle (à Turin), car j'ai tenté ma chance et pris mes responsabilités dans un grand rendez-vous. Je suis allé chercher la médaille d'argent, j'ai repensé à cela aujourd'hui. J'étais capable de le faire. Ici, je visais l'or, pas le bronze. Mon entraîneur m'avait dit que le meilleur moyen de louper son objectif, c'était de viser le bronze. Je suis venu pour être champion du monde, je fais 3e, je suis tombé sur plus fort que moi. Mais ce n'est pas un aboutissement ou une consécration, mais ce n'est qu'une étape".

Pensez-vous que cette médaille va réveiller l'équipe de France ?

B.T. : "Je ne sais pas si je suis un exemple. On a tous un destin. J'arrive à mon 6e Championnat du monde et je fais ma médaille au 6e, si je suis un exemple, c'est un exemple de persévérance, de travail et de confiance, c'est ce que j'ai toujours eu en moi. J'espère que cela va provoquer un déclic pour l'équipe".

Commenter cet article